CE QUE CACHE L’OBSESSION DES CHEVEUX CHEZ LES FEMMES

Les cheveux sont un sujet très sensible et même beaucoup plus sensible que l’on ne le pense pour beaucoup de femmes. Je l’ai remarqué il y a maintenant deux mois. J’ai eu envie de changer de tête et de couper mes cheveux très courts ou même de me les raser. Je vous ai demandé votre avis sur instagram (@myriam_bm) et j’ai eu des avis très variés mais aussi très surprenants. Beaucoup de personnes me disaient de suivre mes envies et de faire ce que je voulais, d’autre personnes me disaient qu’elles me préféraient avec les cheveux longs et enfin quelques personnes s’insurgeaient du fait que j’ose couper mes cheveux après tant d’efforts fournis pour les avoir longs et que couper ses cheveux signifiait « perdre sa féminité » ou encore « passer de belle à moche ». C’est à ce moment-là que je me suis alarmée et surtout rendue compte de l’importance des cheveux dans notre société. Assumer ses cheveux n’est plus le problème majeur (5 CONSEILS POUR ASSUMER SES CHEVEUX NATURELS), le problème est maintenant l’obsession des cheveux longs. J’ai donc décidé suite à cet événement d’interviewer 8 youtubeuses très différentes à propos de leur vision de leurs cheveux, de leur aventure capillaire, de leurs insécurités et du regard des gens sur leurs cheveux. Je voulais à tout prix comprendre ce que représente les cheveux pour des femmes ayant des profils totalement différents et je n’ai pas été déçue. Elles ont été extrêmement transparentes et leurs témoignages extrêmement touchants, poignants et enrichissants. Cette vidéo est de loin la vidéo dont je suis la plus fière et j’espère qu’elle vous aidera à voir les choses autrement. Je vous laisse regarder et comprendre ce que cache l’obsession des cheveux chez les femmes.

CE QUE CACHE L’OBSESSION DES CHEVEUX CHEZ LES FEMMES

N’oubliez pas que vous êtes belles comme vous êtes, que vous êtes libres de faire ce qui vous plaît de votre apparence et que vous ne vivez pas pour les autres. À la fin, seule votre beauté intérieure comptera dans ce monde.

INTERVIEW:

Amina : Est-ce qu’on s’est déjà moqué de toi pour tes cheveux? Si oui, quand et comment?

 

Patty : Oui ça m’est déjà arrivé. La première chose qui me vient en tête c’est que, je suis née et j’ai grandi au Zimbabwe puis j’ai déménagé en Angleterre quand j’avais 8 ans. Au Zimbabwe, pour les femmes et les petites filles, les cheveux ne sont pas quelque chose de très important ou du moins ça ne l’était pas. Donc les gens avaient des cheveux courts ou rasés, c’était normal d’avoir des cheveux courts. Donc quand j’allais à l’école, on n’était même pas autorisé à avoir des cheveux longs filles comme garçons. Donc quand j’ai déménagé en Angleterre, j’avais les cheveux courts. Et je me rappelle que dans la cours, les autres se moquaient de moi parce qu’ils disaient que je ressemblais à un garçon. Ils me disaient « ahah elle ressemble à un garçon, elle n’a pas de cheveux ». Et c’est à ce moment-là que je me suis dit « ah donc avoir des cheveux est quelque chose d’important ». Quand j’ai grandi je n’ai plus jamais expérimenté de moqueries mais je me rappelle que quand j’avais 9 ans, on s’est moqué de moi par rapport à mes cheveux et c’était mon unique expérience de ce genre. Et toi? Est-ce qu’on s’est déjà moqué de toi pour tes cheveux ou justement parce que tu ne montres pas tes cheveux?

 

Amina : J’ai commencé à porté un foulard il y a seulement 2 ans, donc j’ai montré mes cheveux pendant environ 25 ans de ma vie. Mais non, on ne s’est jamais vraiment moqué de moi. Je pense qu’à Londres, il y a une diversité énorme, différentes cultures, différents types de cheveux, des extensions, des cheveux naturels, des tresses. Donc je n’ai pas expérimenté de moqueries. Mais je ne le voyais pas non plus. Quand tu es jeune, tu ne remarques pas forcément ce que les gens disent et donc tu ne remarques pas toujours les moqueries.

 

Patty : Je pense que ce que tu as dit est important parce qu’est c’est à propos de la culture. J’ai beaucoup d’amies musulmanes qui porte le voile ou ont porté le voile toute leur vie et qui ont dû le retirer (parce que j’étudie à l’étranger) parce qu’elles étudient dans un pays où ce n’est pas possible, enfin, pas commun de porter le voile donc maintenant elles montrent leurs cheveux à cause de ça. Donc je pense que pour les femmes, tout cela a un lien avec la culture aussi.

 

Amina : Oui. Mais même si je ne montre pas mes cheveux, je m’occupe quand même de mes cheveux. Là par exemple j’ai genre 10 tresses. Je mets des soins, je définis mes boucles etc. Ils sont importants pour moi même si je ne les montre pas.

 

Kimmy : Est-ce que le regard des autres et surtout celui des hommes sur tes cheveux t’importe et influence tes choix capillaires? C’est une bonne question.

 

Jaspreet : Je pense que c’était plus le cas quand j’étais jeune. C’était une chose importante pour moi, essayer de satisfaire…Ça sonne débile maintenant mais j’ai grandi entourée de personnes blanches et j’étais la seule asiatique. Ça a eu un énorme impact sur la manière dont je me percevais parce que je me voyais à travers leurs yeux. Et c’était souvent des yeux racistes. Donc j’essayais toujours de…Mes cheveux sont très bouclés, foncés. J’ai traversé une phase où je les colorais en blond es lissais. Donc à qui j’essayais de ressembler en faisant ça? Parce que ça ne me ressemble pas. J’essayais aussi de ressembler à ma mère. Je fuyais ce que j’étais vraiment pour satisfaire les autres. Aussi, le fait d’être Punjabi, garder ses poils est une chose très importante. Tu as probablement entendu parler des indiens d’Amérique qui ont des longs cheveux etc. Les Punjabi font la même chose, on garde tous nos poils, moustaches, favoris. Tu peux le voir j’ai des poils partout. C’était une chose énorme pour moi à l’école parce que tous les gens avec qui j’allais à l’école était blancs et blonds, des poils blonds et moi j’arrive avec mes poils d’avant-bras foncés, une petite moustache, c’est pas comme si j’avais une énorme moustache. Mais dès que tu as un peu de poils, directement c’était une raison pour que les gens se moquent de moi. Donc j’étais extrêmement consciente de ma pilosité. Donc maintenant je mets un point d’honneur à ne pas m’épiler les sourcils, à n’épiler aucun poil sur mon corps même sur mes jambes et ça ne me gêne pas du tout. Et toi?

 

Kimmy : Pour moi c’est différent parce que j’ai grandi dans une zone où il y avait plus d’asiatiques que de personnes blanches et noires.

 

Jaspreet : À Londres?

 

Kimmy : Non, hors de Londres, dans le quartier de…Moi, je regardais les filles asiatiques avec des cheveux super longs. Et quand tu es noire et que tes cheveux ne poussent pas aussi vite, tu te dis oh mon dieu qu’est-ce qui ne va pas et pourquoi mes cheveux ne poussent pas? J’ai doucement commencé à détester la texture de mes cheveux au point où j’ai commencé à défriser mes cheveux à un très jeune âge. Je disais à ma mère, défrise mes cheveux, défrise mes cheveux. Je voulais juste avoir ce que tout le monde avait au point que même si je n’avais pas l’âge de mettre des perruques des tissages etc, je voulais avoir tout ça. Parce que la perception que j’avais de ce qu’était d’avoir de beaux cheveux était façonnée par les gens autour de moi. Et quand j’ai grandi, en fait c’est mon copain, était dans un couple mixte, beaucoup de gens me disent tu n’es pas pro-black, tu n’encourages pas les personnes noires. Mais je pense en fait que ça m’a rendu plus forte et ça m’a fait accepter mes racines encore plus parce que ça a toujours été le premier à me dire « je n’ai jamais vu tes cheveux naturels, je veux voir tes cheveux naturels, c’est tellement beau quand les gens acceptent ce qu’ils sont ». Il m’a un peu donné cette petite impulsion dont j’avais besoin. Et j’ai commencé à me dire, si je n’accepte pas mes propres cheveux, la façon dont ils bouclent et tout ce qui les définissent, comment je peux attendre que mes enfants acceptent leurs cheveux? Surtout si j’ai des enfants métisses. Parce que je pense que mes enfants me regarderont moi avec mes longs tissages et James et sa famille avec leurs cheveux lisses, ma soeur met tout le temps de perruques, elle adore ça, et donc ils ne pourront s’identifier à personne. Si je n’accepte pas mes cheveux, ils n’accepteront jamais les leurs, ils n’aimeront jamais leur culture. Ils grandiront en me regardant comme modèle pensant que c’est la seule manière d’être et ils voudront la même chose (perruques etc) et pas leurs cheveux naturels. Donc je me suis dit que je devais m’accepter et depuis, j’ai coupé mes cheveux et je les refais pousser doucement. Là j’ai des tresses parce que c’est beaucoup de travail. Mais je suis toujours à fond dans cette aventure capillaire. Mais je pense que la manière dont les autres te voient et voient tes cheveux et les petits commentaires que les gens te font finissent vraiment par t’affecter. Et tu commences à te voir différemment.

 

Jaspreet : Oui c’est vrai, tu commences à te percevoir à travers ce que les gens te disent et travers la manière dont les gens réagissent à tes cheveux. Ils peuvent même ne rien dire mais tu comprends tout à travers leur réaction. Et j’ai une question, tu disais que c’est quand tu as grandi que tu as commencé à prendre conscience de tout ça, mais à quel âge précisément?

 

Kimmy : C’était seulement il y a deux ans, je sais je suis très en retards.

 

Jaspreet : Non non tu n’es pas en retard mais quand tu disais que tu es toujours dans cette aventure, en vrai je pense que cette aventure ne finit jamais et que c’est quelque chose de quotidien. Je pense que tout ce qui concerne les cheveux est le processus de toute une vie. Je pense que c’est une aventure dans laquelle tu seras toujours, essayer de s’accepter etc.

 

Kimmy : Oui c’est très vrai et tu apprends de nouvelles choses qui sont uniques. Mon petit ami m’aide souvent à m’occuper de mes cheveux, à faire mes soins profonds etc et un jour il a tiré sur une mèche et il m’a dit « oh c’est trop cool regarde cette boucle ». Il a trouvé ça fascinant et je me suis dit « oui c’est vrai c’est super cool d’avoir des cheveux qui poussent comme ça super bouclés de mon cuir chevelu. Ouais c’est vrai je suis unique pour ça ». Ça te fait sentir cool parce qu’il se disait « j’aurais aimé que mes cheveux fassent ça ». Ils adorent mes cheveux naturels et à chaque fois que j’essaie de mettre une perruque ils me disent « non non on aime tes cheveux bouclés ». Avoir ce soutien t’aide à accepter totalement tes cheveux et je pense que je veux que mes enfants grandissent autour de cette façon de ça.

 

Jaspreet : Oui et avoir quelqu’un à qui s’identifier pour s’inspirer. Pour moi, la seule chose à laquelle je pouvais m’identifier c’était les publicités. Je regardais la télé et je voyais des filles blondes avec les cheveux lisses. Evidemment, je voulais la même chose. Mais ma mère ne ressemble pas à ça donc qu’est-ce que ça signifie? Qu’est-ce que ça reflète de ce que je pense de ma mère? Qu’est-ce que je trouve joli? Quand j’ai réalisé ça, je me suis dit que c’était super triste.

 

Kimmy : C’est très vrai. Si tu n’influences pas tes enfants à la maison, ils seront influencés dehors donc autant ficeler tout ça à la maison.

 

Myriam : Et aussi quand tu dis que ton copain et sa famille aiment tes cheveux, ça m’a fait penser au fait qu’en grandissant, on pensait que les personnes blanches détesteraient nos cheveux et les trouveraient étranges et bizarres et je pense que c’était en partie pour ça qu’on cachait nos vrais cheveux. Mais quand je suis devenue naturelle, toutes les personnes blanches me disaient «wow j’adore tes cheveux, ils sont trop beaux, est-ce que je peux les toucher? ».

 

Patty :Mais tu ne penses pas que c’est très intéressant de voir que nous, les minorités, avons changé pour avoir la validation de ces gens? Donc dans tous les cas on finit par se dire « ah là ils nous acceptent » mais ça ne devrait même pas être comme ça. Le mouvement naturel de nos jours, c’est une tendance donc maintenant on est en mode « oh je m’accepte très bien maintenant » mais est-ce que l’on s’accepte vraiment ou…?

 

Jaspreet : J’ai eu cette conversation la dernière fois, on vit en Angleterre, on parle anglais et être blanc est la norme dans ce pays, c’est comme ça que j’ai grandi, être blanc est la norme. Donc on cherche toujours la validation de la norme.

 

Sabrah : Est-ce que je peux ajouter quelque chose? Les personnes blanches aspirent aussi à des normes qui n’existent même pas non plus. J’ai grandi en étant brune, j’ai des origines hispaniques, mais je voulais être blondes parce que toutes les princesses Disney étaient blondes. J’ai aussi naturellement des cheveux bouclés mais je les ai toujours voulu lisses donc je les ai défrisé chimiquement, et en fait, tout le monde a détesté mes cheveux comme ça. Les gens me disaient « retourne à tes cheveux bouclés ».

 

Jess : Ils étaient très bouclés?

 

Sabrah : Oui ils sont un peu plus bouclés que là. Et maintenant tout le monde me dit « c’est beaucoup mieux comme ça, tes cheveux lissés n’avaient aucune personnalité ». Mais c’était tout ce que je voulais donc je l’ai fait (avoir les cheveux lisses). Donc je pense que même les personnes blanches essaient d’atteindre cette norme et je pense que c’est très triste.

 

Patty : Donc ce n’est même pas un problème d’origines, c’est plus le problème des médias et de la société de consommation.

 

Sabrah : Et les mannequins ont souvent des cheveux blonds et lisses, c’est toujours très présent.

 

Myriam : Il y a un mois, je parlais avec mon amie, et j’ai réalisé que comme tu as dit on vit dans des pays majoritairement caucasiens. Mais par exemple quand je suis au carnaval de Notting Hill, je me dis « ans j’aurais aimé être caribéenne j’aurais connu toutes les musiques, j’aurais mieux dansé ». Donc je pense qu’être dans un pays caucasien c’est un peu la même chose, on veut en faire partie et essayer de ressembler à la majorité. Et je pense que c’est pareil pour quelqu’un de blanc qui grandit dans un pays noir, il voudra porter du wax, des foulards et aurait aimé avoir les cheveux bouclés.

 

Kimmy : Oui totalement. Mais je veux quand même préciser que je voulais laisser mes cheveux naturels avant que mon copain ne m’y pousse. Je n’ai pas besoin de la validation de quelqu’un d’autre genre « fais-le » pour le faire. Je voulais le faire mais je n’avais pas encore la confiance en moi suffisante pour le faire. Je m’en approchais petit à petit et je me regardais dans le miroir et je me disais, j’ai envie d’accepter mes cheveux naturels. C’est là que j’ai arrêté les défrisages. Je commençais déjà mon retour au naturel mais je cachais mes cheveux sous des perruques. J’avais juste besoin de cette confiance pour me dire, pose la perruque et fonce. C’est ce dont j’avais besoin.

 

Jess : Si du jour au lendemain tu perdais tes cheveux, comment tu réagirais et qu’est-ce que tu ferais?

 

Gamze : J’ai perdu mes cheveux! On en a parlé. C’est génial que tu aies pioché cette question. Ça ce sont des extensions. Laissez-moi commencer par dire que ce ne sont pas mes cheveux. C’est une très bonne vidéo pour moi. Je ne savais pas qu’on allait filmer cette vidéo aujourd’hui et c’est une bonne opportunité pour montrer aux gens à quel point les gens font beaucoup de choses pour leurs cheveux. J’ai ça de cheveux, ils sont longs comme ça et si tu les rassembles et que tu fais une tresse, ils seront épais comme ça. Et c’est parce que mes cheveux de bébé ne se sont jamais développés en cheveux d’adulte. C’est les cheveux doux avec la petite boucle à la fin, ce sont littéralement des cheveux de bébé. Et bien sûr, en grandissant, comme vous toutes les femmes turques ont en général de très beaux cheveux. C’est un des pays bénis capillairement. Je voulais avoir de longs cheveux, longs et épais. Donc ce que j’ai fait c’est que j’ai mis des extensions à la kératine à chaud. Et bien sûr après une certaine période, ça commence à démanger etc. Qu’est-ce qu’on ne se fait pas subir! Tu dois dormir avec 160 accroches d’extensions en métal. Tu dois prendre de l’aspirine pour dormir avec ça au moins les premières nuits. Je les ai enlevés après 6 mois parce que tes cheveux repoussent. Et mes propres cheveux se sont énervés après ça parce qu’ils étaient tirés en permanence et j’ai une vidéo sur ma chaîne Youtube à propose de cette expérience. Ils étaient tirés, il y avait constamment de la tension dessus et j’ai fini avec une alopécie. Quand je venais de retirer les extensions, imaginez-vous, 6 mois avec des cheveux longs et épais et tu les retires et tu te retrouves avec des cheveux que tu trouves encore moins existants qu’avant parce que tu t’es habituée à la sensation d’avoir beaucoup de cheveux avec les extensions. Je suis partie chez le coiffeur et je lui ai dit « tu sais quoi? Coupe-les, coupe-les courts ». Donc on a rasé ce côté et laisser ce côté long. Et ensuite l’alopécie est venue ici, donc en gros un endroit que je ne pouvais pas cacher. Donc en gros j’avais un patch chauve ici, qui est ensuite parti, il est venu ici puis est parti, et encore jusqu’à aujourd’hui, j’ai encore un petit patch chauve restant ici de la dernière fois que j’ai eu un gros patch. J’ai des problèmes d’alopécie et c’est un combat permanent donc oui c’est une chose quotidienne. Et parfois quand je n’ai pas envie d’y faire face, je mets des extensions à clips comme aujourd’hui, ça me permet d’avoir plus confiance en moi. J’ai dû avancer avec ça, accepter le regard des gens « oh tu as une maladie ». Au final ce ne sont que des cheveux, ça repousse. Mais oui voilà ce qu’il m’est arrivé. Est-ce que tu as eu une expérience comme ça?

 

Jess : Hmm, non pas vraiment mais je dirais que je suis quelqu’un d’impulsif. Donc il y a eu une période où je traversais quelque chose, et mes cheveux, je ne sais même pas jusqu’où ils sont là parce que je ne les ai pas lissés depuis très longtemps, mais mes cheveux étaient jusque-là avant. Et une nuit, j’étais assise, mon copain avait rompu avec moi, enfin on était dans une phase de séparation parce que je l’ai attrapé en train de me tromper. Donc j’étais en train de vivre ça, j’étais sur mon canapé et je me suis dit que j’avais envie d’être délivrée, libérée. J’ai mis tous mes cheveux en queue de cheval et j’ai tout coupé. Et je me suis sentie tellement bien. Je respecte tellement ça. Mais si tous mes cheveux tombaient, la Jessica d’aujourd’hui ne serait pas trop ennuyée, ça irait. Je sais que j’ai une très grosse tête donc je ne pense pas qu’une coupe rasée m’irait. Mais la Jessica d’avant aurait été dévastée. Et je veux rebondir sur ce que Kimmy disait à propos de tes enfants qui te voient…Ma mère est métisse. Donc pour en revenir à ce que Kimmy disait, quand j’étais petite, ma mère se défrisait tout le temps les cheveux. Ma mère avait les cheveux très bouclés et les défrisait tout le temps. Donc quand j’étais petite j’avais de gros cheveux bouclés épais et je ne me sentais pas à ma place parce que je me disais que ma propre mère lisse ses cheveux donc pourquoi je voudrais laisser mes cheveux naturels. Donc j’ai aussi défrisé mes cheveux comme ma mère. Dès le premier rdv qu’elle m’a pris chez le coiffeur, je voulais un défrisage. J’ai pleuré parce qu’elle ne voulait pas me laisser faire une défrisage, j’avais 11 ans, j’ai pleuré. Mais elle m’a autorisé à faire le peigne chaud (lisseur très très chaud) pour les lisser. Le lendemain à l’école on m’a dit « ohh t’as fait un défrisage?! » et je mentais en disant que oui j’avais eu un défrisage parce que mes cheveux étaient super lisses et je les adorais. Mais j’aurais voulu avoir aimé mes cheveux à l’époque autant qu’aujourd’hui. De un, parce que je pense qu’ils auraient été bien plus volumineux parce que je ne les aurais pas coupé à part pour couper les pointes. Mais j’ai plus confiance en moi, je suis moi-même, je vis dans ma vérité et j’accepte que mes cheveux sont bouclés et qu’ils ne coopèrent pas certains jours.

 

Gamze : Ils sont magnifiques.

 

Jess : Merci. Je peux les aimer un jour, les détester le lendemain, tu traverses beaucoup d’émotions avec ce type de cheveux parce que tu te dis « ahh j’aimerais les plaquer en arrière, je ne les veux pas sur mon visage », comme cette boucle je la déteste.

 

Gamze : Tu dis que c’est trop de maintenance et moi je me dis euh j’aurais aimé pouvoir avoir à maintenir les miens.

 

Jess : Et tu sais, c’est de la que le terme « black girl Magic » vient. Mais c’est pas pour me vanter, mais je remarque que beaucoup de gens veulent ces boucles, cette texture, et on a la chance de l’avoir donc aimons-la, aimons nos cheveux.

 

Sabrah : Quel message voudrais-tu partager avec les garçons et les filles qui n’aiment pas leurs cheveux et ne les acceptent pas?

 

Laughing Ananas : Je leur dirais juste de les accepter, c’est ce que vous êtes. Je crois beaucoup en une façon holistique de vivre. Ce qui est naturel est le mieux, c’est donné par Dieu, accepte-le, aime-le, c’est ce que tu es. Mais adapte-le à ta personnalité. J’ai eu une opération de chirurgie esthétique et ça me rappelle ce que le docteur me disait « sois comme tu es ». Donc c’est ce que je dirais à ces gens. Et toi?

 

Sabrah : Oui je dirais la même chose et en fait c’est un message pour moi-même parce que j’ai toujours eu une relation de haine amour avec mes cheveux. Et j’ai adoré vos histoires parce que beaucoup d’entre vous acceptent leurs cheveux naturels alors que moi c’était l’opposé. J’ai eu des cheveux roses, violets, cheveux lissés, cheveux verts etc. Et maintenant j’ai des mèches blondes, et plus je vous écoute les filles, plus je me dis peut-être que je devrais être totalement naturelle! Parce que en fait mon copain adore mes cheveux naturels, c’est moi qui veut avoir des cheveux blonds et lisses et lui me dit tout le temps « j’aime tes cheveux frisés ». Et je lui dis « quoi?? Tu sais combien d’argent je dépense pour ne pas avoir les cheveux frisés? » Donc oui peut-être que je vais plus me diriger vers un look naturel.

Des bisous mes lecteurs,

Myriam

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